[Débat de fond] Du contrat social

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[Débat de fond] Du contrat social

Message par nitz le Lun 19 Mai - 13:22

Nous ne sommes pas satisfaits de la société actuelle : son système, ses institutions, ses réseaux, ses instruments et ses appareils ne remplissent plus le contrat social. Or, c'est quoi le contrat social ? Pourquoi et dans quelle mesure le système actuel ne remplit pas ses obligations ? Peut-on espérer mieux faire ? Comment ?

Si on se met en société, à la base, c'est pour obtenir plus de bonheur. Par bonheur, j'entends des choses simples (je pars du plus élémentaire au plus récent) :
- la sécurité : la garantie qu'un animal sauvage ou un autre humain (la différence est parfois mince...), ou un autre état, n'attente pas à notre intégrité physique, à ceux de notre proche, par extension à celle des nos biens. C'est le premier motif pour fonder une société.
- la sécurité alimentaire, la garantie de trouver suffisamment à manger
- le confort : la garantie de trouver un abri sain, salubre, pour s'abriter, dormir, se chauffer, élever ses enfants...
- la prévention de la précarité, c'est la garantie d'avoir la possibilité de trouver des ressources ou d'être pris en charge si on est dans l'incapacité de le faire.
- la compensation des inégalités naturelles (ou accidentelles), c'est la garantie que la société prendra soin de ceux qui ne peuvent le faire pour eux-mêmes (situation de handicap, de dépendance...). De tout mettre en oeuvre pour réaliser l'égalité des chances.
- la démocratie. La société garantit le système démocratique, la consultation des citoyens, la séparation des pouvoirs, les procédures de recours.

Et que demande en retour la société ? La société demande la soumission de l'individu aux décisions prises par les organes de pouvoir, par exemple, ne pas troubler l'ordre public, ne pas tenter de renverser le pouvoir, accepter de travailler, payer des impôts et des taxes, etc...

Question : que penser du contrat social aujourd'hui ?
au niveau de la sécurité physique et alimentaire, le contrat semble plutôt respecté, même si la violence de la société tend à le remettre en question : plus il y aura d'inégalités et de pression sur les individus, plus il y aura de vols, de violence, de meurtres; et la crise alimentaire pointe son nez car les choix faits dans les dernières décennies sont absolument à remettre en cause.
pour le confort, l'Etat ne remplit pas son rôle. Si un seul argument devait être avancé, parlons de ceux qui vivent dans la rue, qui vivent dans des taudis, dans leur véhicule... Sans compter que la défaillance en logement social et la main-mise du secteur privé sur l'immobilier amène à une hausse injuste des prix.
La prévention de la précarité n'est pas assurée.
La compensation des inégalités naturelles est un voeux pieux. Légalité des chances est un mythe républicain qui cache une réalité sordide, un gouffre profond entre les promesses d'espoir et la réalité d'un système confisqué par les élites.
La démocratie ? La confiscation des instruments du pouvoir par une élite la remet complètement en cause.

La défaillance du pouvoir pour assurer sa part du contrat explique les comportements associaux (attention, pas de jugement moral derrière ce terme) : délinquance, criminalité, spéculation, individualisme forcené...

Le contrat social est dans une dynamique négative qui ne peut qu'empirer. Si une majorité de personnes vient à penser que le contrat social n'est pas respecté, ils n'ont pragmatiquement aucun intérêt à le soutenir, et donc à accepter de suivre le troupeau en travaillant, en consommant, en fermant sa gueule.

De là, certains s'engagent dans une réforme longue, en croyant que le système peut être amélioré. D'autres s'engagent dans des rêves de révolution. Enfin, d'autres encore prônent l'alternative : maintenant, tout de suite.

NB : Comme d'habitude, ce texte est une ébauche certainement largement améliorable...
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nitz

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Re: [Débat de fond] Du contrat social

Message par matthieu le Sam 28 Juin - 0:44

Tout d'abord, la notion de contrat social n'est pas unanimement accepté. J'avais lu "du contrat social" de rousseau, et je me rappelle que dans l'introduction (écrite au 20ème, pas par rousseau) il y avait des références à des philosophes s'opposant à cette théorie de Rousseau.
Personnellement, je ne suis pas tout à fait d'accord avec cette notion de contrat. Je suis né français, on ne m'a pas demandé mon avis. Il ne m'a jamais été possible de refuser ou d'annuler le contrat. Enfin d'après ce que je crois savoir du droit international, à partir du moment où l'on est dans un territoire appartenant à un pays, on est soumis aux lois du pays (on est en quelque sorte des membres temporaires de cette société). Donc si l'on veut n'être soumis à aucun contrat social, il faut aller dans des zones n'appartenant à personnes: les eaux internationales et le Groenland (c'est assez restreint) et je ne suis pas sur qu'on puisse se défaire de sa nationalité sans en prendre une nouvelle. Pour finir, on est toujours soumis au droit international.

Ensuite, si contrat, il y a. On remarque que

  • Il y a une infinité de contrats possibles: tribu, royaume, république,... avec à chaque fois d'innombrable variations.
  • Lorsque l'on signe un contrat (ou que l'on fait toute autre action) c'est par rapport à un besoin (ex: tu signe dans telle entreprise parce que tu as besoin de manger et de te loger).
  • Un être humain est rarement totalement satisfait plus de quelque minutes. Le plus souvent, lorsque ses besoins physiologique sont satisfaits, il va chercher à ce qu'ils le soient pour longtemps (besoin de sécurité), puis pourra chercher l'amitié, l'estime des autres,... (Pyramide des besoins sur wikipedia)


Regardons l'histoire de la France jusqu'à aujourd'hui (très grossièrement):

  • Lors de la préhistoire, il me semble que l'humanité se composait de petits groupes nomades de chasseurs-cueuilleurs. Les tribus se battent les unes contre les autres. On est pas assuré de trouver un endroit propice.
  • Antiquité: Ces groupes se sont sédentarisés, puis ont grandis, en formant des villages.
  • Moyen-âge: Les villages grandissent, se concentrent en ville. Des seigneurs contrôlent plusieurs villages, voire des régions entières. Les seigneurs font la guerre entre eux.
  • Fin moyen âge: Les royaumes se stabilisent. On se fait la guerre entre royaume.
  • Bien plus tard: création de la SDN, ONU, Union Européenne.

On voit bien que les forces se sont petit à petit réunies. Si on s'est réuni, c'est surement pour stabiliser la situation: une guerre entre pays de l'ue est aujourd'hui impensable, sans parler d'une guerre entre deux villages ^^. Cela accroît la sécurité des habitants. Lorsque Louis Bonaparte se transforme petit à petit en Napoléon II, les bourgeois sont contents (on s'en fiche d'avoir du pouvoir, tant que l'on est en sécurité, tant que les affaires fleurissent) en effet, le besoin de sécurité à moyen terme vient avant le besoin de faire entendre sa voix.
Il me semble qu'en France les deux premiers étages de Maslow sont aujourd'hui correctement remplies (et le sont depuis longtemps): très peu de gens meurent de faim ou de froid. Le meurtre est une cause de mortalité négligeable devant le cancer, les accidents de la route, ou même les suicides je pense. Je ne dis pas que ces exclus, ces tués, ce n'est pas grave. Je dis que cela devient assez minoritaire pour qu'une grande partie de la population rêve d'autre chose.

Le passage à la démocratie est un premier pas dans le besoin de reconnaissance: chacun peut donner sa voix. Mais voilà, on se rend compte petit à petit des limites du système. Lors des premières éléctions dans un pays (que ce soit en france il y a 2 siècles, ou dans certains pays d'afrique en ce moment) les gens se précipitent, font la queue des heures pour pouvoir voter. Aujourd'hui, on est autour de 60% pour les présidentielles il me semble, pour les cantonnales de mon canton on était moins de 20%. Alors que le bureau de vote n'est pas loin, qu'il n'y a pas de queue...
En 68 (en France comme ailleurs), on a fait un pas dans la reconnaissance de chacun. Un enfant n'est pas fait que pour obéir, il a des besoins. La pression sociale semble moins forte, ou en tout cas on a voulu la diminuer.

Pour moi, Utopons (et les nombreux projets qui naissent depuis 68 notamment) sont un nouveau pas dans cette direction. On essaie de faire monter la société sur l'échelle. Je ne pense pas que ce soit "aujourd'hui le contrat social n'est pas respecté, on va faire une société où il sera respecté" mais plus "Aujourd'hui le contrat social nous permet de remplir tels besoins, remplissons en quelques un de plus (remplissons encore mieux tels besoins)"

Remarque: Cette échelle n'est bien évidemment qu'un modèle simplifié. On ne peut pas rammener la complexité de l'esprit humain à ces quelques expressions hiérarchisées.

Que pensez vous de cette façon de penser les sociétés? Auriez vous d'autres théories? Des contres exemples? Toute autre critique ou compliment? Ai-je fait de grosse bourde en histoire?

matthieu

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